No Sex Inside

10 mars 2014

Ce blog s'autodétruira dans...

Alors vite ! vite ! retrouvez-moi ici, c'est pareil mais en mieux : www.no-sex-inside.fr

 

A bientôt !

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10 février 2014

Petits bonheurs et autres trucs chamallow

Ces derniers jours, entre deux averses, on a retrouvé les joies du dehors, vous savez, le jardin, la nature, tout ça. 

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On a fait du "land-art", parce que nous, on aime laisser s'exprimer notre créativité avec des feuilles et des bâtons.

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Et même que Minus a adoré !

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On a mangé une salade du jardin, et semé quelques radis, vite vite, tellement ça semblait absolument indispensable à Minus là tout de suite maintenant. Quel campagnard celui-là !

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J'ai aussi fait quelques courses...

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... pour m'aider à tenir mes bonnes résolutions. Celles qui tournent autour de la zenitude rament parfois un peu, mais celles qui consistent à voir plus souvent des amis et autres personnes qui font du bien au coeur roulent ! (mais pas de photo)

On a aussi vu Minuscules avec Minus (le bien nommé), qui a beaucoup aimé. Toute la famille le recommande !

Nous vous souhaitons une semaine aussi chouette que les quelques jours qui viennent de s'écouler.

La #HappyFamily !

PS : les mots ont encore un peu de mal à sortir, en attendant, les photos font bien l'affaire (et celles d'Instagram en attendant d'avoir le temps de travailler les autres)

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31 janvier 2014

6 mois plus tard

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que je me fais rare sur ce blog.

6 mois depuis le dernier article.

6 mois, c'est sans doute le temps qu'il m'a fallu pour opérer une (nouvelle) transition. Oui, oui, je sais, je transite pas mal.

6 mois pour enfin intégrer que ce qui compte, ce n'est pas qui je suis, ni comment je vais réussir à faire de mes différentes facettes un personnage cohérent (en privé, en accord avec moi-même, mais aussi en public sur ce blog, les réseaux sociaux, storytelling mon amour, tout ça...), et "vendable" professionnellement. Accepter et dire que ce qui compte, ce ne sont pas les étiquettes que je peux me coller, mais ce que je fais, là, ici et maintenant, peut-être en contradiction avec hier, et avec demain, mais en fait on s'en fout, ce qui compte, c'est le chemin, peu importe la destination.

Et donc, en 6 mois, j'ai monté ma boite, Minus est entré à l'école, j'ai repris le yoga, je suis définitivement devenue bouddhiste (et toujours féministe), et j'ai beaucoup lu, sur l'éducation positive, sur la sobriété heureuse, sur l'égalité femmes-hommes, sur le revenu de base et le webmarketing. Je ne fais pas (encore) de politique, mais je n'ai plus peur d'afficher mes opinions (enfin, je crois), d'accepter de changer d'avis, de travailler, travailler, travailler mon cerveau, même s'il ne s'en ressent pas autant que je le voudrais. Je dessine des mandalas pour me détendre. Je me suis fait tatouer pour me rappeler qu'il faut aimer et respecter son corps. J'essaie de travailler aussi sur moi-même et ma relation avec les autres et la communication non-violente. Et je passe à l'action, aussi, j'adhère, je m'intègre.

Tout ça prend du temps, qui était déjà pas mal occupé avec tout le reste. Mais quand on est bien avec soi-même, on a plus de disponibilité pour s'occuper des autres, et que de belles rencontres ces derniers mois ! Que de moments de partage et d'échange !

Et puis par dessus il y a cette faim d'écrire, toujours là, la pointe d'envie quand je lis les aventures de mes anciens collègues scénaristes, et de ces gens qui publient des livres et qui naviguent dans des cercles que je fréquentais il n'y a pas si longtemps, là, quand je vivais à Paris (mais ça m'énerve ce parisiano-centrisme, mais c'est bien quand même quand je retrouve mes amis là-bas et que je vais boire des cocktails voir des expos). C'est cette faim qui m'a empêché de fermer ce blog alors que je ne savais plus vraiment qu'y raconter ni comment le raconter.

Aujourd'hui je crois que c'est bon, que j'ai dépassé mon blocage. Le jour où je n'aurai plus rien à dire n'est pas encore arrivé !

La suite au prochain épisode, donc.

PS : j'écris également sur le blog de mon agence, si les problématiques de la communication et de la création d'entreprise vous intéressent.

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12 juillet 2013

Rectificatif

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Il est encore un peu tôt pour que je vous parle de l'évolution de mon activité professionnelle, qui prend une tournure bien prometteuse.

Mais en attendant de pouvoir vous en parler un peu plus, je tiens à évoquer Pôle Emploi. Oui, encore, je sais.

Pôle Emploi, le retour, que j'appréhendais un peu, suite à mes expériences précédentes. Pôle Emploi, qui contre toute attente, s'est montré presque exemplaire.

Rdv au début de ma période de chômage avec un conseiller compétent, qui a su répondre à mes questions, et qui a compris qu'il n'était pas nécessaire de me convoquer tous les mois pour me fliquer dans ma recherche d'emploi, sans pour autant me faire sentir complètement abandonnée, comme c'était le cas lors de ma période de chômage précédente. Après un léger couac dans mon indemnisation (ça ne pouvait pas non plus se passer idylliquement bien), je n'ai eu que des motifs de satisfaction. Alors que je m'étais déplacée un après midi (sur les conseils de la plateforme qui répond lorsqu'on compose le fameux 3949), pour finalement apprendre qu'on ne pouvait venir sans rdv que le matin, la personne de l'accueil a fait en sorte que je rencontre tout de même un conseiller, et par chance c'est le mien qui était disponible. La suite de mes aventures a été dans la même veine.

Du coup, je m'interroge sur les raisons de la disparité de la prise en charge d'un Pôle Emploi à l'autre. La campagne ? le taux de chômage ? le nombre de conseillers par demandeur d'emploi (enfin, le nombre de demandeur par conseiller, plutôt) ? La cohésion d'une équipe ? Question de chance ?

Voilà donc un article pas très marrant, ni cocasse, ni sarcastique. Je sais bien que je vais perdre des lecteurs (c'est-à-dire passer de 4 à 2), mais tant pis. C'est l'été, il fait beau, les cigales cigalent, et je n'ai pas vraiment envie de me plaindre.

Sur ce, je vous souhaite de bonnes vacances !

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24 mai 2013

Petit à petit l'oiseau en forgeant devient forgeron

Pas beaucoup de nouvelles, ces derniers temps, engluée que je suis dans mes problématiques habituelles : travailler pour mes clients, chercher du boulot pour Pôle Emploi, cultiver mon jardin et mon potager, être responsable de la bibliothèque du village, le tout saupoudré de mes devoirs domestiques et parentaux, ainsi que de quelques weekend entre amis, et de ma nouvelle fonction de correspondante locale pour l'hebdo du coin.

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Mon petit monde dans lequel les contradictions que vous connaissez par coeur règnent en maîtresses implacables : envie d'être en CDI pour la sécurité de l'emploi et tout ce qui s'ensuit (moins de stress, plus de crédit auprès des banques et autres organismes à qui on a des choses à demander, des congés payés), envie de rester indépendante pour la liberté, le plaisir de choisir ses projets, les rencontres plus nombreuses, envie d'acheter une maison qui serait rien qu'à moi (à nous), dans laquelle on pourrait envisager vivre sur du long terme et planter des arbres sans se dire que ça ne sert à rien, qu'on va partir avant qu'ils n'aient pu porter leurs fruits, envie d'avoir du temps à consacrer à des choses qui ont du sens.

Ce qui a changé, c'est que je les supporte mieux, mes contradictions. C'est un voeux pieux de me dire qu'un jour je serai satisfaite. Je crois que je serai comblée quand j'apprendrai à vivre avec mon insatisfaction. C'est donc le chemin que j'essaie de prendre. Peut-être qu'il me mènera vers la sagesse, ou vers la folie, va savoir, mais en fait on s'en fiche, il parait que ce qui compte c'est le voyage. Et en ce moment je suis assez bien disposée, à la fois à choisir la route, à m'arrêter dans les bons ports, et à regarder le paysage.

Dernière décision professionnelle en date : je ne travaillerai pas au rabais. Cela ne concerne pas mon salaire (quoi que), mais plutôt mes fonctions. Après tout, j'ai passé énormément de temps ces dernières années à me former, je sais ce que j'aime faire, je sais quels sont mes points forts et j'ai bien l'intention de les utiliser pour me vendre. Un jour, alors que je passais un entretien d'embauche, on m'a fait remarquer que je n'avais jamais encadré que des bénévoles, mais jamais d'équipe salariée, et on m'a demandé si je pensais en être capable.

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Ce à quoi j'ai répondu que je cherchais à changer de travail (à l'époque j'étais encore en CDI) pour augmenter mon niveau de responsabilité, pour me lancer de nouveaux défis, et pas pour faire ce que je faisais déjà. Alors, peut-être que je vais rater des occasions de me faire embaucher à des postes pour lesquels je suis (sur)qualifiée, peut-être que stratégiquement il faudrait saisir des opportunités de rentrer dans des boîtes en bas de l'échelle et en monter les barreaux, et surtout peut-être que dans quelques mois l'urgence financière me fera changer d'avis, mais je ne peux pas me résoudre à ne pas essayer. 

Je me suis donc offert un nouveau bureau dont la superficie correspond mieux à mes ambitions. Un bureau où je peux m'installer confortablement. Un bureau qui peut accueillir mes outils de travail, mes accessoires de relaxation (mon diffuseurs d'HE, hein, no sex inside, j'ai dit), et mes cadeaux de fête des mères en pate à sel. J'y suis bien, j'ai envie d'y écrire beaucoup beaucoup, d'ailleurs j'y travaille pas trop mal, et Minus peut se cacher dessous à l'occasion. Prochaine étape de ce voyage-ci, l'acquisition d'un fauteuil lui aussi confortable, parce que mon séant le vaut bien.

No Sex Inside, j'ai dit, mais on finit toujours par parler de cul.

 

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16 avril 2013

Mais ça, c'était avant.

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Avant, quand j'étais jeune et pleine d'espoir pour mon avenir professionnel, Pôle Emploi n'existait pas. On en était encore au bon vieux doublé Assedic / ANPE. Si mes souvenirs sont bons, la procédure était d'abord de passer par un rdv assedic, purement administratif (dans mon assedic c'était même à un guichet), face à un agent qui vérifiait, une tonne de documents à l'appui, si nous étions éligible à une indemnisation. C'est ce qui validait notre inscription. Quand il avait une précision à demander, on était là, devant lui, pour lui répondre. Puis, nous allions à un rdv à l'ANPE, lors duquel un autre agent, cette fois derrière un vrai bureau, essayait de faire rentrer un parcours professionnel forcément unique et singulier dans les petites cases de son logiciel. Le fameux code ROME. 

Maintenant, grâce à la fusion entre ces deux institutions en un seul et unique Pôle Emploi, nous n'avons plus qu'un seul rdv qui, après scribouillage en ligne et demande officielle d'indemnisation, valide l'inscription. A ce rdv, notre unique conseiller récupère les pièces de notre dossier et joue sa partition du logiciel-à-petites-cases-et-code-ROME. Mais en fait, il n'est pas si unique que ça, le conseiller. Quand il m'a dit "je passe votre dossier à ma collègue qui calcule les indemnités", j'aurais dû me méfier. Comme je suis devenue super douée dans la présentation de mon parcours professionnel de manière à ce qu'il rentre dans des petites cases (et surtout que je ne me prends plus trop la tête avec le fait qu'il rentre ou pas, persuadée que ce n'est pas via cette noble institution que je trouverai du travail), le rdv "ressources humaines" est allé vite. Le conseiller est allé voir si sa collègue avait fini. Elle n'avait pas fini. J'ai fait durer en posant des questions sur mes droits à la formation (auxquelles le conseiller a très bien répondu, rien à redire à ce niveau là). Elle n'avait toujours pas fini. 3 autres dossiers avant le mien. Elle a suggéré que je rentre chez moi, en précisant que je recevrai par courrier le montant de mes droits, qui seraient par ailleurs consultables en ligne dès le lendemain. Je lui ai fait confiance. Erreur.

Première inquiétude quand je n'ai trouvé nulle part sur mon espace Internet le montant de mes droits.

Lorsque j'ai reçu le courrier de Pôle Emploi, j'ai trouvé l'enveloppe bien épaisse. Et pour cause, elle contenait mon dossier de demande d'allocations chômage, ainsi qu'une partie de mes pièces justificatives. Retour au demandeur. Avec deux requêtes : un justificatif de mon travail (du bénévolat avec aucun contrat) à la bibliothèque de mon village, ainsi qu'une nouvelle attestation de mon dernier employeur. 

C'est là que ça se corse. Parce que, ce qui ne va pas, sur l'attestation que je leur ai fournie, c'est que, pour les petites cases du logiciel de Pôle Emploi, je ne peux pas avoir été à la fois en CDI et en contrat aidé. Je dois avoir été licenciée soit économiquement d'un cdi, soit pour cause de fin de cdd CUI-CAE. Or, mon contrat était bien un CDI, en CUI-CAE. Ca colle pas. On pourrait penser qu'il y a un conflit entre plusieurs administrations, un problème de communication. Ah oui mais non, c'est Pôle Emploi qui délivre les conventions de CUI-CAE. Et c'est Pôle Emploi qui a insisté auprès de mon employeur pour que je sois embauchée en CDI. Alors, certes, ce n'est pas le même Pôle Emploi. Et puis c'était il y a deux ans. Et puis ce n'était pas le même président de la République. Et puis la météo était différente, on n'avait pas eu tout ce mauvais temps. C'était pas une année bissextile, d'ailleurs ?

Me voilà donc repartie pour un tour. Tout ça pour toucher probablement 550 euros par mois. La suite au prochain épisode...

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08 mars 2013

Fucking 8 mars

Voilà plusieurs années que je m'insurge contre "la journée de la femme" et son cortège de blagues vaseuses et d'opérations commerciales, pour le simple fait qu'elle n'existe pas. Et que c'est cette appellation qui est justement la source de toutes ces dérives, qui sont un bon moyen d'occulter la réalité.

Le 8 mars est la journée des DROITS des femmes.

Une pensée, donc, à toutes les femmes battues, humiliées quotidiennement, mal payées, excisées, écrasées sous le poids des tâches ménagères, violées, agressées, harcelées, discriminées... pour la simple raison qu'elles sont des femmes.

D'autres en parlent bien mieux que moi, alors j'ai hésité à écrire cet article, de peur qu'il ne soit redondant et alimente les commentaires du genre "c'est bon, on a compris". Je suis une féministe débutante et encore timide, moi. Mais je crois que j'ai trouvé le moyen d'en parler de manière personnelle.

Voici ce qui, selon moi, sont des causes pour lesquelles nous avons besoin de nous battre, chez nous, en France (ce qui ne m'empêche pas de penser à d'autres drames vécus par les femmes d'autres pays) :

- avoir le droit de disposer de son corps (accès à l'IVG qui est de moins en moins facile, droit à choisir la contraception que l'on souhaite, ce qui dans les faits est moins évident qu'on le croit, ou l'accouchement que l'on veut)
- avoir le droit à l'égalité salariale, et à la non discrimination à l'embauche et dans le travail d'une manière générale
- avoir le droit d'être reconnue comme victime lorsque l'on est violée / agressée ou harcelée sexuellement
- avoir le droit de ne pas être battue, et de ne pas mourir sous les coups de son conjoint
- avoir le droit de se promener dans la rue sans, au mieux recevoir des commentaires sur son physique ou sa tenue, au pire sans se faire agresser verbalement ou physiquement.
- avoir le droit à un partage égalitaire des tâches ménagères.
(j'en oublie sûrement)

Aux petits malins qui diront que les femmes concernées par ces problèmes sont peu nombreuses, et qui n'iront jamais se renseigner en lisant des chiffres, je souhaite répondre par des exemples qui me sont personnellement arrivés. Attention, morceaux d'intimité inside.

La contraception : lorsque j'ai voulu prendre une contraception, la toute première fois (assez tard puisque j'avais 20 ans et une vie sexuelle commencée plusieurs années auparavant), je suis allée chez une gynécologue. Je m'installe en face d'elle, et je lui dis, timidement, que j'aimerais parler de contraception. Dans ma tête je ne suis pas fixée sur une méthode particulière. Sa réponse, sèche : "vous voulez prendre la pillule, quoi" (avec un ton "arrêtez de faire votre mijaurée et de tourner autour du pot"). Pas un mot sur les autres moyens de contraception, pas une question sur ma vie sexuelle, mon ou mes partenaires, et ce qui me conviendrait le mieux. Examen, frotti sans un mot d'explication. Prescription d'une pilule de 3è génération. Des analyses à faire (cholestérol avant et après la prise de la pilule). Je reviens plus tard avec mes analyses, petite remarque sur mon cholestérol qui a doublé et les analyses qui lui paraissent limites, mais pas de proposition de changer de contraceptif ou même de prendre une autre pilule. L'information éclairée et le libre choix du patient ? J'ai appris bien plus tard des informations telles que "l'examen gynécologique n'est pas nécessaire à la prescription de la pilule", "on peut se la faire prescrire par une sage-femme ou un médecin généraliste" (le fait est que je n'ai ensuite pas vu de gynéco avant plusieurs années), "on peut se faire poser un DIU (stérilet) même en n'ayant pas eu d'enfant"... A l'époque, on ne trouvait pas encore toutes ces infos sur Internet, la moindre des choses est de les recevoir par son médecin, non ? 

Le droit de disposer de son corps : Faire une épisiotomie à une femme, lui couper le corps avec des ciseaux, dans sa partie la plus intime, prendre une décision lourde de conséquences sans lui en demander l'autorisation, ni même lui dire ce qu'on est en train de faire. Ca se passe tous les jours. Il m'arrive encore d'avoir mal.
Il y a eu aussi ce petit ami, à qui, moi qui étais bénévole à Solidarité Sida et qui ne lâchais jamais sur le "tant qu'on n'a pas fait de dépistage des mst, c'est capote", j'ai cédé, après une relation avec rupture de préservatif, quand il m'a dit qu'il ne se protègerait plus vu qu'on avait couru un risque une fois (alors que je le savais bien, qu'un seul rapport non protégé ça ne voulait rien dire, qu'il pouvait ne pas y avoir contamination cette fois là mais lors d'une autre), par peur qu'il me prenne pour une emmerdeuse. (bon, j'avoue, là, les torts sont partagés) Mais comment vous forcez, vous, un mec à mettre une capote ? La grève du sexe ?

Le droit de se promener dans les lieux publics en toute liberté et sécurité : je passe les réflexions malvenues dans la rue ou ailleurs, sur mon physique, mes seins, une jupe trop courte, un pantalon-quel-dommage ou vous-pourriez-vous-maquiller-mademoiselle, au choix, on est toujours la belle de quelqu'un et la moche d'un autre. Je passe aussi le malaise, quand on est une femme et qu'il faut rentrer chez soi tard le soir et seule.
Je garde en travers de la gorge la réflexion d'une copine, un jour, en terrasse, à propos d'une fille court-vêtue qui passait devant nous "celle-là elle ne se plaindra pas si elle se fait violer" (donc, un mec avec des fringues chères et une belle montre mériterait de se faire voler son portefeuille ? une mamie son collier trop voyant ? un ado son portable parce qu'il téléphone dans la rue ?). Portons une burka, hein, comme ça on sera tranquille, ce n'est pas du tout comme si c'était la faute des agresseurs si une femme se fait agresser.

Le droit de ne pas se faire agresser verbalement ou physiquement parce qu'on est une femme : Il y a eu ces mecs, dans le métro, à plusieurs reprises, qui ont collé leur sexe en érection contre ma cuisse (ah oui mais bon à travers le pantalon, ce n'est pas vraiment une agression sexuelle), ou qui se sont touchés en me regardant et en cherchant à me frôler.
Je fais encore des cauchemars à propos de cet homme, un collègue de mes parents, qui me regardait d'un air lubrique alors que je n'étais qu'une enfant ; je comprenais que ce n'était pas normal, mais je ne savais pas quoi dire à part que je n'aimais pas quand on allait chez lui.
Et puis, dans le métro encore, ce groupe de gamins qui m'a entourée, le "petit chef", qui se collait à moi et me mettait le bras sur l'épaule, 14 ans à tout casser, énorme, libidineux comme on l'est parfois à cet âge, pendant qu'un plus petit avait discrètement sorti une lame de sa poche ; mes tentatives désespérées de discussion, d'appel au respect ; cette scène, qui a duré de longues minutes, sur le quai puis dans le wagon, ces témoins qui me regardaient avec compassion, en levant les yeux au ciel l'air de dire "ah, ces jeunes !", mais qui n'ont pas levé le petit doigt pour me sortir de cette situation (une femme qui se fait mettre le bras sur l'épaule et coller d'un peu trop près, ce n'est pas bien grave)... J'en vomirais rien qu'à y penser.

La discrimination dans le travail : je ne sais pas si j'ai un jour échoué à un entretien d'embauche parce que j'étais une femme, mais on m'a bien posé la question "vous avez des enfants ? vous n'avez pas de problème de mode de garde ?", que l'on n'aurait jamais posée à un homme. Et, en ces temps de crise et de chômage, la féministe en moi s'est écrasée en disant qu'il n'y avait pas de problème à ce niveau là. Il m'est même arrivé de préciser que mon conjoint travaillant à la maison, il est assez disponible en cas d'imprévu. Pire, j'ai ressenti comme une culpabilité d'avoir un enfant.

J'ai de la chance, je n'ai jamais subi de violence conjugale, de viol.
Je n'ai jamais été confrontée au désir ou au besoin d'avorter et donc au système hospitalier qui va avec.
Je travaille à temps partiel subi, si l'on part du principe que j'aimerais bien travailler à temps plein mais que je ne trouve pas de poste, mais je ne considère pas que ce soit parce que je suis une femme.
Cortex est très fort pour les tâches ménagères, dont il s'occupe bien plus que moi, qui préfère bricoler ou m'occuper de Minus.
Mais le peu que j'ai eu à subir pour la simple raison que je suis une femme, ça ne devrait pas exister.
Les hommes devraient être élevés en apprenant que ce n'est pas normal de siffler une nana dans la rue ou de forcer sa compagne à avoir une relation sexuelle lorsqu'elle n'en a pas envie. On ne devrait pas entendre qu'une fille violée l'a bien cherché. On devrait pouvoir s'habiller comme on le souhaite sans que ce soit pris pour un message sexuel. On devrait enseigner à l'école l'anatomie féminine avec autant de détails que l'on enseigne celle des hommes, pour que les filles et les garçons comprennent que le droit au plaisir n'est pas réservé qu'à la gent masculine. Oui oui, les filles ont aussi une érection, de ce machin, là, qu'on appelle le clitoris, et même, figurez-vous qu'elles peuvent elles-aussi se masturber ! Du plaisir sans les hommes ? Naaaaaan...

On les aime quand même, la plupart du temps, nos mecs. Le mien, je ne pourrais pas vivre sans lui. Il est parfois un peu féministe, ça compte. On aimerait juste qu'ils nous fassent la place qu'on mérite, c'est-à-dire la même que la leur. Pas plus, pas moins.
Et nous faire la place qu'on mérite, ce n'est pas nous offrir des fleurs une journée par an pour nous dire à quel point nous sommes formidables. Je râle souvent parce que Cortex ne m'offre pas de petits cadeaux, mais je crois qu'il sait que s'il m'achète des fleurs aujourd'hui, je le tue.

07 mars 2013

Allô ? Allô ? Allô ? Allô ?

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Hier soir, 0h33, appel d'un jeune homme, pour me faire une blague-pas-drôle.

Un jeune homme pas bien malin, le numéro n'est pas caché.

Donc ce matin, je rappelle.

On me raccroche au nez.

Je n'aime pas rester sur un malentendu, alors je rappelle de nouveau.

Cette fois on me répond, mais, étrangement, ce n'est pas la même voix. Qui m'explique que ce n'est pas elle qui a téléphoné, qu'elle dormait à minuit et demi, qu'elle ne comprend pas. 

Je réponds que quand même, c'est étrange, parce que ce numéro m'a bien appelée hier soir à minuit et demi, et que je m'inquiète, parce que ça aurait pu être quelque chose d'important, pour appeler à une heure pareille.

La voix s'énerve un peu, dit qu'elle est désolée mais que j'exagère, hein, et que sauf si quelqu'un a pris son téléphone, elle ne m'a pas appelé.

Je suggère qu'elle vérifie dans son journal d'appel, pour être sûre que son téléphone ne m'a pas contactée tout seul, et que ce serait bien que ça ne se reproduise plus.

 

Je suis un peu déçue du manque de créativité des jeunes pour faire des blagues et trouver des excuses. Même pas un jeu de mot sur mon nom de famille ! Il me semble qu'à mon époque on était plus inventif. Et puis ne pas avoir le courage de me répondre, et passer la conversation à un pote... Dans les 90ies on aurait dit : "ça craint !".

 

Je suis presque certaine que c'est un gosse du village, j'ai commencé à recevoir ce genre d'appel quand, en tant que responsable de la bibliothèque, mon numéro a été rendu public (heureusement, cela n'arrive pas trop souvent). J'ai donc réfléchi à plusieurs sortes de représailles.

- démago : je ne fais rien, parce que j'ai moi aussi été jeune, j'ai fait des petites  bêtises, et je n'en ai pas mal tourné pour autant. (cool-attitude)

- soft : je fais passer dans le village le message que je saurais gré aux habitants de ne me téléphoner que si cela un rapport avec la bibliothèque, et de préférence à des horaires convenables. (parent-attitude)

- perverses : j'enquête jusqu'à connaître le nom de celui à qui appartient le numéro, et je le dénonce à ses parents. (prof-attitude)

- démentes : je balance son numéro sur facebook, et je demande à tous mes amis d'appeler, chacun leur tour, de préférence tard le soir (pour les sans enfants) ou tôt le matin (pour les avec jeunes enfants). (furie-attitude)

 

Vous votez pour quelle solution ?

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05 mars 2013

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Une lettre dans la boîte.

Ecriture manuscrite.

Mon estomac plonge dans mes baskets.

Une lettre de refus, sans aucun doute.

Mais pas de tampon d'entreprise, d'expéditeur.

Mon estomac remonte un peu, il doit être vers les genoux lorsque j'ouvre l'enveloppe.

Un chèque.

Règlement d'un client.

Ah oui, c'est vrai, j'ai encore du boulot, moi.

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04 mars 2013

Vis ma vie de (pas encore) chômeuse

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J'ai beau clâmer que la nouvelle d'avoir (bientôt) perdu mon job ne me fait ni tiède ni froid, et même que je ne suis pas mécontente à l'idée d'avoir quelques semaines de vacances, me reposer, m'occuper de mon jardin, force est de constater (oui oui, vous avez bien lu, "force est de constater") que depuis quelques semaines je suis dans un état de stress permanent.

Ce n'est pas tant la persperctive du chômage qui me met dans cet état, mais plutôt la recherche de travail. Ca m'est déjà arrivé de postuler à des jobs-de-mes-rêves, de me projeter dans cette vie faite de travail-à-temps-plein-payé-plus-que-le-smic, pendant quelques jours / semaines / mois (rayer la mention inutile, selon la rapidité de réponse des potentiels employeurs), et puis de laisser retomber le soufflé, retourner à ma vie faite de travail-à-temps-partiel-payé-au-smic et de missions-pouvant-s'arrêter-du-jour-au-lendemain. Aujourd'hui c'est différent. J'ai plusieurs candidatures dans la nature (3 en attente de réponse à l'heure où je vous parle), le soufflé n'a pas le temps de retomber, je dors avec mon téléphone et je surveille le facteur avec un oeil mauvais, prête à lui sauter à la gorge s'il n'apporte pas de courrier, ou s'il apporte une lettre de refus. Il préfèrerait qu'on ait un doberman.

Il serait probablement nécessaire de creuser dans les profondeurs de mon subconscient et d'analyser mes expériences et mon éducation, ainsi que le déroulement de ma venue au monde, pour comprendre pour quelle(s) raison(s) je me mets autant de pression. Malheureusement, je ne peux pas me faire psychanalyser, il faudrait alors que j'éteigne mon téléphone, au risque de manquer L'appel qui changera ma vie. Je retourne donc à mes cheveux blancs (3 nouveaux en une semaine), mes ongles rongés et mes nuits sans sommeil.

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