Mais ça, c'était avant.
Avant, quand j'étais jeune et pleine d'espoir pour mon avenir professionnel, Pôle Emploi n'existait pas. On en était encore au bon vieux doublé Assedic / ANPE. Si mes souvenirs sont bons, la procédure était d'abord de passer par un rdv assedic, purement administratif (dans mon assedic c'était même à un guichet), face à un agent qui vérifiait, une tonne de documents à l'appui, si nous étions éligible à une indemnisation. C'est ce qui validait notre inscription. Quand il avait une précision à demander, on était là, devant lui, pour lui répondre. Puis, nous allions à un rdv à l'ANPE, lors duquel un autre agent, cette fois derrière un vrai bureau, essayait de faire rentrer un parcours professionnel forcément unique et singulier dans les petites cases de son logiciel. Le fameux code ROME.
Maintenant, grâce à la fusion entre ces deux institutions en un seul et unique Pôle Emploi, nous n'avons plus qu'un seul rdv qui, après scribouillage en ligne et demande officielle d'indemnisation, valide l'inscription. A ce rdv, notre unique conseiller récupère les pièces de notre dossier et joue sa partition du logiciel-à-petites-cases-et-code-ROME. Mais en fait, il n'est pas si unique que ça, le conseiller. Quand il m'a dit "je passe votre dossier à ma collègue qui calcule les indemnités", j'aurais dû me méfier. Comme je suis devenue super douée dans la présentation de mon parcours professionnel de manière à ce qu'il rentre dans des petites cases (et surtout que je ne me prends plus trop la tête avec le fait qu'il rentre ou pas, persuadée que ce n'est pas via cette noble institution que je trouverai du travail), le rdv "ressources humaines" est allé vite. Le conseiller est allé voir si sa collègue avait fini. Elle n'avait pas fini. J'ai fait durer en posant des questions sur mes droits à la formation (auxquelles le conseiller a très bien répondu, rien à redire à ce niveau là). Elle n'avait toujours pas fini. 3 autres dossiers avant le mien. Elle a suggéré que je rentre chez moi, en précisant que je recevrai par courrier le montant de mes droits, qui seraient par ailleurs consultables en ligne dès le lendemain. Je lui ai fait confiance. Erreur.
Première inquiétude quand je n'ai trouvé nulle part sur mon espace Internet le montant de mes droits.
Lorsque j'ai reçu le courrier de Pôle Emploi, j'ai trouvé l'enveloppe bien épaisse. Et pour cause, elle contenait mon dossier de demande d'allocations chômage, ainsi qu'une partie de mes pièces justificatives. Retour au demandeur. Avec deux requêtes : un justificatif de mon travail (du bénévolat avec aucun contrat) à la bibliothèque de mon village, ainsi qu'une nouvelle attestation de mon dernier employeur.
C'est là que ça se corse. Parce que, ce qui ne va pas, sur l'attestation que je leur ai fournie, c'est que, pour les petites cases du logiciel de Pôle Emploi, je ne peux pas avoir été à la fois en CDI et en contrat aidé. Je dois avoir été licenciée soit économiquement d'un cdi, soit pour cause de fin de cdd CUI-CAE. Or, mon contrat était bien un CDI, en CUI-CAE. Ca colle pas. On pourrait penser qu'il y a un conflit entre plusieurs administrations, un problème de communication. Ah oui mais non, c'est Pôle Emploi qui délivre les conventions de CUI-CAE. Et c'est Pôle Emploi qui a insisté auprès de mon employeur pour que je sois embauchée en CDI. Alors, certes, ce n'est pas le même Pôle Emploi. Et puis c'était il y a deux ans. Et puis ce n'était pas le même président de la République. Et puis la météo était différente, on n'avait pas eu tout ce mauvais temps. C'était pas une année bissextile, d'ailleurs ?
Me voilà donc repartie pour un tour. Tout ça pour toucher probablement 550 euros par mois. La suite au prochain épisode...
Fucking 8 mars
Voilà plusieurs années que je m'insurge contre "la journée de la femme" et son cortège de blagues vaseuses et d'opérations commerciales, pour le simple fait qu'elle n'existe pas. Et que c'est cette appellation qui est justement la source de toutes ces dérives, qui sont un bon moyen d'occulter la réalité.
Le 8 mars est la journée des DROITS des femmes.
Une pensée, donc, à toutes les femmes battues, humiliées quotidiennement, mal payées, excisées, écrasées sous le poids des tâches ménagères, violées, agressées, harcelées, discriminées... pour la simple raison qu'elles sont des femmes.
D'autres en parlent bien mieux que moi, alors j'ai hésité à écrire cet article, de peur qu'il ne soit redondant et alimente les commentaires du genre "c'est bon, on a compris". Je suis une féministe débutante et encore timide, moi. Mais je crois que j'ai trouvé le moyen d'en parler de manière personnelle.
Voici ce qui, selon moi, sont des causes pour lesquelles nous avons besoin de nous battre, chez nous, en France (ce qui ne m'empêche pas de penser à d'autres drames vécus par les femmes d'autres pays) :
- avoir le droit de disposer de son corps (accès à l'IVG qui est de moins en moins facile, droit à choisir la contraception que l'on souhaite, ce qui dans les faits est moins évident qu'on le croit, ou l'accouchement que l'on veut)
- avoir le droit à l'égalité salariale, et à la non discrimination à l'embauche et dans le travail d'une manière générale
- avoir le droit d'être reconnue comme victime lorsque l'on est violée / agressée ou harcelée sexuellement
- avoir le droit de ne pas être battue, et de ne pas mourir sous les coups de son conjoint
- avoir le droit de se promener dans la rue sans, au mieux recevoir des commentaires sur son physique ou sa tenue, au pire sans se faire agresser verbalement ou physiquement.
- avoir le droit à un partage égalitaire des tâches ménagères.
(j'en oublie sûrement)
Aux petits malins qui diront que les femmes concernées par ces problèmes sont peu nombreuses, et qui n'iront jamais se renseigner en lisant des chiffres, je souhaite répondre par des exemples qui me sont personnellement arrivés. Attention, morceaux d'intimité inside.
La contraception : lorsque j'ai voulu prendre une contraception, la toute première fois (assez tard puisque j'avais 20 ans et une vie sexuelle commencée plusieurs années auparavant), je suis allée chez une gynécologue. Je m'installe en face d'elle, et je lui dis, timidement, que j'aimerais parler de contraception. Dans ma tête je ne suis pas fixée sur une méthode particulière. Sa réponse, sèche : "vous voulez prendre la pillule, quoi" (avec un ton "arrêtez de faire votre mijaurée et de tourner autour du pot"). Pas un mot sur les autres moyens de contraception, pas une question sur ma vie sexuelle, mon ou mes partenaires, et ce qui me conviendrait le mieux. Examen, frotti sans un mot d'explication. Prescription d'une pilule de 3è génération. Des analyses à faire (cholestérol avant et après la prise de la pilule). Je reviens plus tard avec mes analyses, petite remarque sur mon cholestérol qui a doublé et les analyses qui lui paraissent limites, mais pas de proposition de changer de contraceptif ou même de prendre une autre pilule. L'information éclairée et le libre choix du patient ? J'ai appris bien plus tard des informations telles que "l'examen gynécologique n'est pas nécessaire à la prescription de la pilule", "on peut se la faire prescrire par une sage-femme ou un médecin généraliste" (le fait est que je n'ai ensuite pas vu de gynéco avant plusieurs années), "on peut se faire poser un DIU (stérilet) même en n'ayant pas eu d'enfant"... A l'époque, on ne trouvait pas encore toutes ces infos sur Internet, la moindre des choses est de les recevoir par son médecin, non ?
Le droit de disposer de son corps : Faire une épisiotomie à une femme, lui couper le corps avec des ciseaux, dans sa partie la plus intime, prendre une décision lourde de conséquences sans lui en demander l'autorisation, ni même lui dire ce qu'on est en train de faire. Ca se passe tous les jours. Il m'arrive encore d'avoir mal.
Il y a eu aussi ce petit ami, à qui, moi qui étais bénévole à Solidarité Sida et qui ne lâchais jamais sur le "tant qu'on n'a pas fait de dépistage des mst, c'est capote", j'ai cédé, après une relation avec rupture de préservatif, quand il m'a dit qu'il ne se protègerait plus vu qu'on avait couru un risque une fois (alors que je le savais bien, qu'un seul rapport non protégé ça ne voulait rien dire, qu'il pouvait ne pas y avoir contamination cette fois là mais lors d'une autre), par peur qu'il me prenne pour une emmerdeuse. (bon, j'avoue, là, les torts sont partagés) Mais comment vous forcez, vous, un mec à mettre une capote ? La grève du sexe ?
Le droit de se promener dans les lieux publics en toute liberté et sécurité : je passe les réflexions malvenues dans la rue ou ailleurs, sur mon physique, mes seins, une jupe trop courte, un pantalon-quel-dommage ou vous-pourriez-vous-maquiller-mademoiselle, au choix, on est toujours la belle de quelqu'un et la moche d'un autre. Je passe aussi le malaise, quand on est une femme et qu'il faut rentrer chez soi tard le soir et seule.
Je garde en travers de la gorge la réflexion d'une copine, un jour, en terrasse, à propos d'une fille court-vêtue qui passait devant nous "celle-là elle ne se plaindra pas si elle se fait violer" (donc, un mec avec des fringues chères et une belle montre mériterait de se faire voler son portefeuille ? une mamie son collier trop voyant ? un ado son portable parce qu'il téléphone dans la rue ?). Portons une burka, hein, comme ça on sera tranquille, ce n'est pas du tout comme si c'était la faute des agresseurs si une femme se fait agresser.
Le droit de ne pas se faire agresser verbalement ou physiquement parce qu'on est une femme : Il y a eu ces mecs, dans le métro, à plusieurs reprises, qui ont collé leur sexe en érection contre ma cuisse (ah oui mais bon à travers le pantalon, ce n'est pas vraiment une agression sexuelle), ou qui se sont touchés en me regardant et en cherchant à me frôler.
Je fais encore des cauchemars à propos de cet homme, un collègue de mes parents, qui me regardait d'un air lubrique alors que je n'étais qu'une enfant ; je comprenais que ce n'était pas normal, mais je ne savais pas quoi dire à part que je n'aimais pas quand on allait chez lui.
Et puis, dans le métro encore, ce groupe de gamins qui m'a entourée, le "petit chef", qui se collait à moi et me mettait le bras sur l'épaule, 14 ans à tout casser, énorme, libidineux comme on l'est parfois à cet âge, pendant qu'un plus petit avait discrètement sorti une lame de sa poche ; mes tentatives désespérées de discussion, d'appel au respect ; cette scène, qui a duré de longues minutes, sur le quai puis dans le wagon, ces témoins qui me regardaient avec compassion, en levant les yeux au ciel l'air de dire "ah, ces jeunes !", mais qui n'ont pas levé le petit doigt pour me sortir de cette situation (une femme qui se fait mettre le bras sur l'épaule et coller d'un peu trop près, ce n'est pas bien grave)... J'en vomirais rien qu'à y penser.
La discrimination dans le travail : je ne sais pas si j'ai un jour échoué à un entretien d'embauche parce que j'étais une femme, mais on m'a bien posé la question "vous avez des enfants ? vous n'avez pas de problème de mode de garde ?", que l'on n'aurait jamais posée à un homme. Et, en ces temps de crise et de chômage, la féministe en moi s'est écrasée en disant qu'il n'y avait pas de problème à ce niveau là. Il m'est même arrivé de préciser que mon conjoint travaillant à la maison, il est assez disponible en cas d'imprévu. Pire, j'ai ressenti comme une culpabilité d'avoir un enfant.
J'ai de la chance, je n'ai jamais subi de violence conjugale, de viol.
Je n'ai jamais été confrontée au désir ou au besoin d'avorter et donc au système hospitalier qui va avec.
Je travaille à temps partiel subi, si l'on part du principe que j'aimerais bien travailler à temps plein mais que je ne trouve pas de poste, mais je ne considère pas que ce soit parce que je suis une femme.
Cortex est très fort pour les tâches ménagères, dont il s'occupe bien plus que moi, qui préfère bricoler ou m'occuper de Minus.
Mais le peu que j'ai eu à subir pour la simple raison que je suis une femme, ça ne devrait pas exister.
Les hommes devraient être élevés en apprenant que ce n'est pas normal de siffler une nana dans la rue ou de forcer sa compagne à avoir une relation sexuelle lorsqu'elle n'en a pas envie. On ne devrait pas entendre qu'une fille violée l'a bien cherché. On devrait pouvoir s'habiller comme on le souhaite sans que ce soit pris pour un message sexuel. On devrait enseigner à l'école l'anatomie féminine avec autant de détails que l'on enseigne celle des hommes, pour que les filles et les garçons comprennent que le droit au plaisir n'est pas réservé qu'à la gent masculine. Oui oui, les filles ont aussi une érection, de ce machin, là, qu'on appelle le clitoris, et même, figurez-vous qu'elles peuvent elles-aussi se masturber ! Du plaisir sans les hommes ? Naaaaaan...
On les aime quand même, la plupart du temps, nos mecs. Le mien, je ne pourrais pas vivre sans lui. Il est parfois un peu féministe, ça compte. On aimerait juste qu'ils nous fassent la place qu'on mérite, c'est-à-dire la même que la leur. Pas plus, pas moins.
Et nous faire la place qu'on mérite, ce n'est pas nous offrir des fleurs une journée par an pour nous dire à quel point nous sommes formidables. Je râle souvent parce que Cortex ne m'offre pas de petits cadeaux, mais je crois qu'il sait que s'il m'achète des fleurs aujourd'hui, je le tue.
Allô ? Allô ? Allô ? Allô ?
Hier soir, 0h33, appel d'un jeune homme, pour me faire une blague-pas-drôle.
Un jeune homme pas bien malin, le numéro n'est pas caché.
Donc ce matin, je rappelle.
On me raccroche au nez.
Je n'aime pas rester sur un malentendu, alors je rappelle de nouveau.
Cette fois on me répond, mais, étrangement, ce n'est pas la même voix. Qui m'explique que ce n'est pas elle qui a téléphoné, qu'elle dormait à minuit et demi, qu'elle ne comprend pas.
Je réponds que quand même, c'est étrange, parce que ce numéro m'a bien appelée hier soir à minuit et demi, et que je m'inquiète, parce que ça aurait pu être quelque chose d'important, pour appeler à une heure pareille.
La voix s'énerve un peu, dit qu'elle est désolée mais que j'exagère, hein, et que sauf si quelqu'un a pris son téléphone, elle ne m'a pas appelé.
Je suggère qu'elle vérifie dans son journal d'appel, pour être sûre que son téléphone ne m'a pas contactée tout seul, et que ce serait bien que ça ne se reproduise plus.
Je suis un peu déçue du manque de créativité des jeunes pour faire des blagues et trouver des excuses. Même pas un jeu de mot sur mon nom de famille ! Il me semble qu'à mon époque on était plus inventif. Et puis ne pas avoir le courage de me répondre, et passer la conversation à un pote... Dans les 90ies on aurait dit : "ça craint !".
Je suis presque certaine que c'est un gosse du village, j'ai commencé à recevoir ce genre d'appel quand, en tant que responsable de la bibliothèque, mon numéro a été rendu public (heureusement, cela n'arrive pas trop souvent). J'ai donc réfléchi à plusieurs sortes de représailles.
- démago : je ne fais rien, parce que j'ai moi aussi été jeune, j'ai fait des petites bêtises, et je n'en ai pas mal tourné pour autant. (cool-attitude)
- soft : je fais passer dans le village le message que je saurais gré aux habitants de ne me téléphoner que si cela un rapport avec la bibliothèque, et de préférence à des horaires convenables. (parent-attitude)
- perverses : j'enquête jusqu'à connaître le nom de celui à qui appartient le numéro, et je le dénonce à ses parents. (prof-attitude)
- démentes : je balance son numéro sur facebook, et je demande à tous mes amis d'appeler, chacun leur tour, de préférence tard le soir (pour les sans enfants) ou tôt le matin (pour les avec jeunes enfants). (furie-attitude)
Vous votez pour quelle solution ?
Letter
Une lettre dans la boîte.
Ecriture manuscrite.
Mon estomac plonge dans mes baskets.
Une lettre de refus, sans aucun doute.
Mais pas de tampon d'entreprise, d'expéditeur.
Mon estomac remonte un peu, il doit être vers les genoux lorsque j'ouvre l'enveloppe.
Un chèque.
Règlement d'un client.
Ah oui, c'est vrai, j'ai encore du boulot, moi.
Vis ma vie de (pas encore) chômeuse
J'ai beau clâmer que la nouvelle d'avoir (bientôt) perdu mon job ne me fait ni tiède ni froid, et même que je ne suis pas mécontente à l'idée d'avoir quelques semaines de vacances, me reposer, m'occuper de mon jardin, force est de constater (oui oui, vous avez bien lu, "force est de constater") que depuis quelques semaines je suis dans un état de stress permanent.
Ce n'est pas tant la persperctive du chômage qui me met dans cet état, mais plutôt la recherche de travail. Ca m'est déjà arrivé de postuler à des jobs-de-mes-rêves, de me projeter dans cette vie faite de travail-à-temps-plein-payé-plus-que-le-smic, pendant quelques jours / semaines / mois (rayer la mention inutile, selon la rapidité de réponse des potentiels employeurs), et puis de laisser retomber le soufflé, retourner à ma vie faite de travail-à-temps-partiel-payé-au-smic et de missions-pouvant-s'arrêter-du-jour-au-lendemain. Aujourd'hui c'est différent. J'ai plusieurs candidatures dans la nature (3 en attente de réponse à l'heure où je vous parle), le soufflé n'a pas le temps de retomber, je dors avec mon téléphone et je surveille le facteur avec un oeil mauvais, prête à lui sauter à la gorge s'il n'apporte pas de courrier, ou s'il apporte une lettre de refus. Il préfèrerait qu'on ait un doberman.
Il serait probablement nécessaire de creuser dans les profondeurs de mon subconscient et d'analyser mes expériences et mon éducation, ainsi que le déroulement de ma venue au monde, pour comprendre pour quelle(s) raison(s) je me mets autant de pression. Malheureusement, je ne peux pas me faire psychanalyser, il faudrait alors que j'éteigne mon téléphone, au risque de manquer L'appel qui changera ma vie. Je retourne donc à mes cheveux blancs (3 nouveaux en une semaine), mes ongles rongés et mes nuits sans sommeil.
Sois le changement que tu aimerais voir dans le monde
Pour la première fois de ma vie, je vais être licenciée.
J'avais déjà vu s'arrêter des cdd derrière lesquels il y avait plus ou moins eu une promesse d'embauche, et il m'est même arrivé de démissionner, mais me faire virer, jamais. C'est moins pire que de se faire larguer, en fait. C'est même moins pire que de larguer. D'ailleurs, j'ai pensé un moment écrire cet article de blog sous la forme de l'annonce d'une rupture, avec un super twist à la fin, où l'on aurait compris qu'en fait je parlais de boulot. Malin, n'est-ce pas ? Non, vous avez raison. Trop attendu.
Je n'arrive pas à trouver ça grave, soit par optimisme débordant, soit par une trop grande confiance en mon cv.
En attendant que les candidatures que j'ai envoyées portent leurs fruits, ou alors le retour des aventures d'Aurélie au Pôle Emploi, j'ai décidé de changer quelque chose sur lequel j'ai une emprise absolue ou presque*. Gandhi conseillait d'être le changement que nous aimerions voir dans le Monde. Il avait choisi la Liberté, et la Paix.
J'ai choisi mes cheveux. Chacun son combat. J'ai donc retrouvé ma tête de jeune-femme-dynamique-prête-à-se-donner-à-fond-pour-votre-entreprise-embauchez-moi.
Si ça, ça ne donne pas envie de collaborer avec moi !
-------
* Le "ou presque" fait référence à ma difficulté à me faire comprendre de la corporation des coiffeurs-ses, vendeurs-ses et autres esthéticiens-nes, et au fait qu'il soit impossible de dévisser sa tête pour en mettre une autre à la place, ce qui parfois serait bien pratique.
En public
Vendredi soir, au village, c'était la cérémonie des voeux du maire.
J'ai fait des progrès en terme de relations avec le pouvoir ces dernières années.
La dernière fois que j'ai croisé Bertrand Delanoe, il m'avait donné un prospectus, je lui avais dit merci, il ne m'avait pas dit je vous en prie et nos rapports n'étaient pas allés plus loin. J'imagine qu'il est un peu timide.
Maintenant, mon maire, je lui serre la main et on s'appelle par nos prénoms. J'ai même le droit d'aller faire des photocopies à la mairie. C'est dire si on est proche.
Vu mes responsabilités écrasantes à la bibliothèque, c'est normal. C'est même mérité. Mais voilà, si with great power comes great responsability, l'inverse ne semble pas aller de soi. Par exemple, une de mes responsabilités en tant que bibliothécaire bénévole est de faire un petit discours lors des voeux du maire, une nouveauté de cette année dont je me serais bien passée. Parce que l'expression orale et moi, ça fait deux. J'avais bricolé ma petite intervention, je croisais les doigts pour ne pas passer la première et me rendre ainsi compte de la durée de celle de mes amis responsables d'associations, puis il a bien fallu se lancer. Ce furent deux minutes de décomposition, rougeur, bégaiements...
Avec dans le public Cortex qui, à la sortie, m'a définitivement confirmé que, vu ma performance auprès d'un public de 30 personnes, il allait falloir que l'on fasse des séances d'entraînement, si jamais j'avais un autre entretien d'embauche à passer. Ouais ouais ouais.
IIIIIIII'm waiting for my...
Aujourd'hui, j'attends.
Ce n'est pas la première attente de ma vie, non, non.
Ni la plus longue, qui a sans doute été celle de 2010, 8 mois et des cailloux, dont 2 semaines à faire semblant de se terminer.
Ce n'est pas la plus terrifiante non plus, rien de vital au bout du tunnel.
Elle pourrait même prendre fin, il suffirait d'un coup de fil.
Mais voilà, elle fait partie de ces attentes angoissantes et délicieuses, qui permettent de se projeter dans des rêves un peu fous, même si on n'ose pas trop, de peur d'être déçu, mais si quand même, allez, ce serait tellement parfait...
...
Comment ça je vous l'ai déjà faite, celle-là ?
Oui, bon, j'attends ENCORE une réponse pour un job. Chercher du travail est mon hobby préféré.
De temps en temps, je postule à un boulot idéal, le poste-où-je-pourrais-laisser-parler-mon-talent. Et je passe quelques entretiens, quand même, juste ce qu'il faut pour me sentir légitime lors de la candidature suivante (on m'a reçue en entretien, c'est que mon cv doit être intéressant), et pour me dire qu'il faut que je travaille la partie "donnez-nous envie de travailler avec vous" (la prise de parole en public, leçon n°1).
En 2012, j'ai failli être :
- chargée de communication interne dans une grande (grande !) administration
- responsable de la communication, de la culture et de l'animation (oui messieurs dames) d'une petite administration
- responsable de la communication d'une moyenne administration
L'administration m'aime, j'ai l'impression. Pas au point de m'embaucher, cependant. Sans doute parce que les étoiles n'étaient pas alignées, rien à voir avec ma capacité à me vendre. "Embauchez-moi, vous ne serez pas déçus, je suis, euh... super sympa ?".
Alors ? J'appelle ? J'appelle pas ?
Le conte web 2.0
La dernière fois que j'ai fait quelque chose d'un peu challenging intellectuellement (une expo à l'IMA, en aout, je ne challenge pas mon cerveau très souvent), j'ai tout de suite voulu en faire un compte-rendu ici, partager avec vous les incroyables découvertes du jour et les réflexions profondes qu'elles m'avaient inspirées, et puis j'ai laissé trainé, j'ai fini par oublier, et je ne me souviens plus du tout de ce que je voulais dire.
Cette fois, pas question de me faire avoir, je raconte tout de suite.
Par le biais du travail bénévole que je fournis à la bibliothèque de mon village, j'ai eu la possibilité d'assister à des rencontres professionnelles, un colloque en fait, intitulé Le conte Web 2.0 : la littérature orale et les nouveaux modes de diffusion. J'ai plus ou moins live-twitté les interventions, que vous pouvez retrouver en suivant le hashtag #contesenbalade. Je pense que j'étais la spectatrice la plus 2.0 de l'auditoire. Les rencontres se passaient au centre de congrès du Pont du Gard, ce qui a de la gueule, il faut bien l'avouer. Surtout que je n'avais pas bien lu les instructions et que je me suis garée sur la mauvaise rive, j'ai donc eu le droit à la balade sur le Pont pour traverser le Gardon, de bon matin, et en fin de journée pile pour le soleil couchant qui étire l'ombre du pont sur la rivière, un plaisir.
Je suis un peu restée sur ma faim, en tant que bibliothécaire débutante (pas grand chose sur la médiation culturelle, faute de professionnels du secteur souhaitant intervenir sur la question), et en tant qu'utilisatrice intensive des nouvelles technologies. Il semblerait que paradoxalement, le conte soit à la fois beaucoup et peu sur la toile. Beaucoup car la somme des textes collectés et écrits disponibles en ligne est énorme, et peu car Internet n'est pas une technologie très utilisée pour transmettre le conte, faute d'avoir trouvé des moyens satisfaisants de s'en servir (le conte et les conteurs s'approprient peu et mal la vidéo par exemple, qui n'est pas un support optimal).
Bref, il y aura probablement un compte-rendu plus exhaustif et objectif que celui que je pourrais en faire, donc je passe tout de suite à la phase critique, ou comment vous parler de moi en vous parlant du conte.
J'ai bien aimé :
- me rendre à cette journée, que j'ai trouvée très intéressante. En plus il y avait un petit dèj ET un déjeuner offerts.
- me sentir appartenir à une communauté professionnelle, large certes, de ceux qui travaillent pour le livre, la lecture, et la culture en général, un peu comme une reconnaissance du travail que j'effectue à la bibliothèque, même bénévolement.
- rencontrer des personnes, de loin (les intervenants dont j'ai découvert le travail), ou de plus près (dis, je peux m'installer à coté de toi pour manger mes petits fours ?)
Mon amour des livres et des histoires a été comblé pendant une journée, une journée rien que pour moi et sans obligation.
Purée, ce que c'était bon !
(et les petits fours aussi)










